Gurren Lagann (2007)

gurrenlagann

Par le pouvoir de la spirale ancestrale…

3-75

Gurren Lagann, pour quelqu’un de la génération Goldorak / Cobra / Ken le survivant, c’est assez mystérieux. Vu que mon dernier animé vraiment suivi sans être à la bourre doit être Evangelion en 95 (…), L’impact qu’a pu avoir Gurren Lagann au milieu des années 2000 et son aura de perfection toujours vivace me sont totalement étrangers. J’ai donc découvert avec intérêt le fruit du renouveau de Gainax avec Hiroyuki Imaishi, que je connais lui depuis 2004 avec son incontournable champion du monde de l’hystérie animée, le totalement barré Dead Leaves.

Donc, déjà comparé à Dead Leaves et son uppercut de frénésie, Gurren Lagann, c’est tranquille, une aventure tout ce qu’il y a de plus réaliste presque. Et même comparé à ses autres séries, FLCL ou le craquant Kill la Kill, Gurren Lagann est moins dans le délire propre au réalisateur et plus dans la grosse aventure mécha-SF pure et dure (avec la fraîcheur Imaishi en bonus). Et de ce côté, il y a nombre de prédécesseurs. Gurren Lagann fait donc penser à beaucoup de choses existantes (Robotech, Macross, Venus Wars, Cobra, etc) mixées à la façon Imaishi, une patte qui le rend unique, pas le plus dingue côté réalisme ou niveau de détails mais dingue comme il faut sur l’animation qui part dans tous les sens avec ses caméras fisheye en veux-tu en voilà, et toujours son humour « panty friendly » néanmoins plus soft que de coutume. .

Gurren Lagann, c’est donc joli, mais pour une aventure voulue aussi grandiose et prenante, pas assez ;p. À force de vouloir faire prédominer la dynamique sur le trait, Avec son style très sympathique mais peu détaillé et basé sur le mouvement pur et brutal, Imaishi délaisse volontairement le niveau de détails déployé dans ses propres références telles Macross plus, Evangelion ou même Robotech, et ce malgré son imagination débordante.
Pire, quelques passages et notamment l’épisode 4 en entier (!) ont été sous-traité par des coréens sous-payés au planning impossible, une méthode déjà grandement utilisée dans Ken le Survivant et bien d’autres d’ailleurs, et regardez non mais regardez-moi cette horreur d’épisode 4 ! Les personnages se retrouvent dessinés par des parkinsoniens, les proportions sont dignes d’un animé IFD, l’animation est minimale au possible pour ne pas montrer qu’on ne sait rien faire, les méchants sont réduits à des boules de poil rose pour ne pas se fouler, c’est un désastre. Heureusement, c’est le seul épisode qui a souffert de cette infamie.

Gurren Lagann est aussi un deux en un à la Berserk où la deuxième partie plus courte et plus loin dans le temps est volontairement très différente de la première ce qui a eu pour conséquence de plus ou moins diviser l’audience entre ceux qui préfèrent la première partie et ceux qui ont été emporté grâce à cette deuxième partie. D’autres aiment le tout, certains préfèreront le crescendo de la première partie, personnellement, c’est vraiment dans la seconde partie que j’ai retrouvé le surréalisme cher à Imaishi, où tout devient gigantesque et incontrôlable. De ce côté là, ce crescendo vers un combat entre méchas de la taille de plusieurs galaxies n’a aucun égal.

Par contre, niveau profondeur et logique comportementale des protagonistes… C’est super de faire mourir un personnage principal assez tôt et de faire mûrir brutalement les autres, tellement rare pour être saluer, mais l’odeur du stratagème se fait sentir : donner artificiellement du relief aux backgrounds de personnages finalement peu étoffés. Car la princesse tout comme notre héros, ou même Rossiu, sont plus irritants que vraiment complexes. On aurait pu avoir des personnages vraiment ambigus pour accompagner cette histoire globale qui tient fermement à sa volonté de se déployer de l’aventure locale vers le space opera galactique, mais en fait, on a plutôt une bande de bipolaires dont les agissements sont parfois difficilement justifiables.

Donc, c’est super globalement, fun, agréable à suivre, follement surréaliste, parfois subtil, mais bon, on est encore loin du niveau de maturité d’un GITS… Parce que le pouvoir de la spirale, c’est bien sympa mais bon…

ps : on notera l’indéfectible attirance du réalisateur pour les foreuses phalliques, concept déjà brutalement mis sur la table dans Dead Leaves avec l’homme au chibre-foreuse.

SC

gurrenlagann2

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s