Rogue One : A Star Wars Story (2016)

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Groupie One

4-50

Ah, ça aide tout de suite à relativiser le Réveil de la force dont l’éclat fut forcément dû en partie à une question de manque et de nostalgie… La mouture JJ a ses qualités proprement enfantines. Mais alors là…

Si l’on a pu s’extasier devant quelques plans de JJ, les plans de Gareth sont certes un peu plus shaky par moment (quoique, ça se discute, ce n’est pas la même façon de shaker) mais ses mises en perspective de l’échelle humaine face à l’échelle impériale alors là… Rien que ce plan de croiseur interstellaire à l’orée de la bouche de l’Étoile de la mort en parfaite apesanteur, le tout observé par Tarkin… ce plan en grosse focale de chasseurs de prime dans le désert… Ces designs de monstres sortis d’une cantina qu’on avait loupé qui débarquent brutalement au détour d’un recoin…, ce mélange savoureux entre la modernité de la prélogie et l’authenticité de la trilogie, cette harmonie visuelle bluffante, ce récit qui prend enfin son temps et cette partie finale sur une simili Dubaï terriblement palpable. On sait où l’on est, les lieux existent devant nous et se visitent petit à petit. Et ce scénario ultra simple et bien ancré au sol qui tente de prendre son envol vers les cimes du s…, du d… Mmh.

Bon, tout n’est pas rose surtout lorsque le massacre que fut la production devient visible et trahit une caractérisation en surface. Les deux poids lourds Mads Mikkelsen et Forest Whitaker ont des rôles dessinés à la truelle, limite en mode caméos inutiles surtout Forest, ce qui est fort dommage pour toute la profondeur de la trame, et c’est à croire qu’on a perdu à jamais les acteurs au ton drôle et grave à la fois, l’ironie et les répliques mémorables savamment dosées. (Gareth n’est pas du genre à rigoler non plus…) Parce que franchement, je t’aime beaucoup Donnie, mais tu joues toujours Donnie et ton apparition m’a sorti du récit et m’a même rappelé qu’il y avait Mickey là-dessous. Heureusement, l’excellent Jiang Wen fait survivre leur duo et met même en valeur la belle vivacité de Donnie, c’est beau…

Côté héros, Felicity Jones possède une énergie contenue typiquement hypnotique. Ça ne varie pas des masses d’expression sur son visage mais à un moment, on a le droit de craquer sur toutes ses petites nuances. Le très sympathique Diego Luna méritait bien ce rôle principal. Dommage, son personnage s’enfonce lui aussi peu à peu dans l’oubliable d’une histoire qui aurait mérité d’être sans aucun gras en trop tant son potentiel est là, sa radicalité surnage et son univers est vaste, ce malgré sa base minimale (« beaucoup de gens sont mort pour avoir ces plans » approximativement).

Problème habituel, ça se répète dans ses mécanismes et se cantonne en surface au lieu de vraiment installer ses personnages et ça tue quelque peu le crescendo. Le charcutage progressif de l’ensemble en prime fait qu’à la fin, une sensation étrange de ne pas vibrer comme il faudrait pointe chaleureusement le bout de son nez parce que les personnages n’existent pas assez dans toute leur ambiguïté, peut-être même par crainte de trop offrir d’empathie pour eux alors qu’ils ont tous un gros potentiel et évolue dans une géographie captivante, à la fois très fidèle dans son réalisme et ses références et totalement nouvelle quant aux lieux utilisés.

L’Empire est lui aussi particulièrement bien mis en valeur avec notamment une machinerie de guerre sublime qui prend de la place, un Ben Mendelsohn qui y met du sien, un vrai petit Ian McKellen junior, et un omnipotent Dark Vador, vaguement inutile mais bien présent du côté obscur lors de ses apparitions et lui aussi très fidèle. Par contre, le Général Tarkin et autre Leïa virtuels, oui pour leur utilisation judicieuse mais visuellement je sais pas hein… Le sempiternel problème de regard, Peter Cushing et Carrie Fisher s’y retrouvent forcément un peu désincarnés, c’est assez spécial.

Bref, il y a une très bonne écriture de l’action et c’est bien la grosse claque à peine espérée mais il manque une véritable écriture utile sur les tréfonds des personnages (ces gens ont-ils des défauts comme tout le monde ?), sinon c’est du plein les yeux en flux tendu, un univers respecté et référencé comme jamais, des rôles principaux non starifiés, un relief rafraîchissant, une trame ambiguë vaillamment tenue sous la tempête, un Empire badass à souhait et un final qui déchire.

Merci Gareth.

ps : le robot je sais pas, parfois oui, parfois non.

SC

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