Logan (2017)

Ah, c’est sec et poussiéreux comme un « Mad Max » on m’a dit, y a un petit côté route furieuse. Première scène, une agression de mexicains pour tendre le tout pas du tout subrepticement, un gros « jump scare » sur le premier coup de feu en pleine poitrine, et c’est parti, James Mangold envoie de suite la purée. Bon, moi, d’habitude, j’aime pas du tout James Mangold et j’exècre l’ignoble « Combat de l’immortel » donc c’était pas gagné. Au mieux, il y avait son « 3h10 pour Yuma » encore bien trop propre malgré ses intentions et il me reste toujours à voir son « Walk the line » de flatteuse réputation.

Ici, il faut dire qu’il y met du sien. Enfin, les griffes transpercent les corps, quel don divin pour un Serval sur pellicule, merci 20th century fox… Têtes coupées, gorges dépecées, faces explosées, bras éjectés, Oui, oui, oui ?! arf… Cette indicible et tenace impression de consommer qui persiste en odeur de fond, de suivre la virée avec plaisir certes, mais sans vraiment se prendre des claques alors qu’un déferlement d’ambiance décrépie voulue épurée aboutit à d’opulentes cascades motorisées et de rageurs massacres à coups de griffes d’Adamantium accompagnés de râles lycanthropiques continus tels une passation de pouvoir pour seul héritage, et de terminer de concert dans un apocalypse super-héroïque.

Certes, une certaine fascination opère devant ce morbide road movie terminal du super-héros qui tranche nettement avec les autres films X-Men en particulier et Marvel en général. Pourtant, son déroulement se fait sans le moindre heurt avec tous les canons du genre. Avec le feu vert instauré par « Dead Pool » et l’influence actuelle du jusquauboutisme ambiant, le gore profuse tout comme le compteur de morts explose littéralement alors que la singularité fataliste de Logan s’y repose tranquillement au milieu. James Mangold veut sonner rageur et pessimiste avec son héros immortel en fin de vie comme dans le Comics de référence dont il s’inspire. Il emprunte aux plus beaux effets chocs du cinéma de genre pour donner corps à sa bonne soupe. Des moments de violence brusques et inattendus ponctuent ainsi régulièrement le film d’électrochocs et complètent son atmosphère de « Bagdad Café » en ruine sur lit de champ du cygne X-Men nappé de raids anti-mutants.

Pourtant, rien de vraiment neuf, « Over the top » meets « Universal soldier »… Une gamine muette et son père super guerrier du futur obsolète, une destination dans une montagne vierge lointaine et trois méchants médiocres pour obstacle, un bras droit qui ne fait que montrer son bras (de synthèse), un evil Wolfy relique beuglante du T1000 et un professeur fasciste fou à peine développé (du coup, il tente de longuement s’expliquer lorsqu’il a enfin Logan en face de lui, mouhou…) joué par Richard E. Grant, tiens donc ! (souvenir du méchant de Hudson Hawk = on rigole.)… Un albino medium noctambule et une infirmière espagnole reporter sont aussi en bonus (elle a fait un montage tout exprès en guise de testament, balèze…).

Malgré la consistance toute relative, Hugh est à fond, il ne dégage pas forcément un truc énorme mais il va au turbin passionné comme un Jean-Claude Van Damme, et il l’aime son personnage de bourrin blasé, découpeur hurleur. Dafne Keen le complète parfaitement en mode junior. Elle y met de la moue et de la rage. Patrick Stewart est toujours impeccable avec son air constamment sympathique, d’autant qu’il se lâche ici, n’hésitant pas à déprimer, délirer et jurer, presque surprenant pour un acteur traditionnellement shakespearien, mais cela fait aussi parti du package R-rated, tu peux jurer Xavier cette fois, fais-toi plaisir. La face justement shakespearienne du personnage du Professeur X n’en ressort que grandie. La vision d’ensemble de l’univers X-Men au cinéma s’en voit aussi indéniablement enrichie de ces nouvelles facettes.

Mais c’est tout de même beaucoup trop long pour ce que c’est. Les dialogues ne veulent finalement rien dire tellement il suinte les grands principes et le faux mystère. « Logan » tient avant tout sur ses acteurs stars et la starification de ses futurs acteurs bien avant de raconter une histoire, une vraie.

Logan, c’est un peu comme « The man comes around » de Johnny Cash en chanson titre. C’est du lourd référentiel qui envoie le pâté mais ça sent déjà la surexploitation tant le morceau apocalyptique est sur-utilisé. La réalisation de Mangold, c’est pareil. C’est sa meilleure preuve de bon goût sans aucun doute, ça change du tout venant Marvel, l’action est plus tendue que de coutume, c’est solide et plutôt cool au final mais il n’en reste pas moins que la photo coule de vouloir à tout prix être crépusculaire (bad boys 2 ?…), les angles de vue de l’action (oui, oui je pinaille) sont beaucoup trop resserrés sur les corps et le montage sur-cuté sape violemment l’ampleur du cadre. Finalement, le sang est propre, pas une giclure de travers pour faire vraiment exploser ce qui aurait pu donner une bombe ramassée sur 90 minutes, sanguinaire et terminale.

Donc, bel effort de James Mangold, surprenant et sanglant pourrait être son slogan mais bon, c’est Marvel au fond et il n’y a rien à faire, l’aseptisation de l’exploitation, c’est maintenant.

 

SC

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s