Legion (2017)

Vol au dessus de l’emprise des 12 singes

Ça fait quand même un sacré bail, depuis le début de la vague de super-héros même, qu’on attend un gros truc qui transcende un peu le genre et personnellement, la maturité surprise vient clairement de cet outsider FX / Marvel dont j’ai copieusement savouré la montée en puissance.

Ça sentait pourtant pas bon tout de suite. Les deux premiers épisodes ressemblent un peu trop à de l’imbroglio « Leftovers » couplé à du bordel fantastique sur du vide « Stranger things » ce qui n’augurait pas forcément une cohérence fulgurante pour la suite. Mais déjà la mise en scène se veut aussi précise et soignée que ces références, ancrée dans un amour du plan et une envie de faire différemment. Vient une BO ambient électro constamment renouvelée et particulièrement cohérente et prenante. Puis, les protagonistes se fixent davantage et les enjeux se dessinent tout en gardant cette part constante d’expérimentation visuelle parfaitement liée à un univers psychique, fantastique et instable qui délivre peu à peu ses nombreux secrets. Il y a d’abord l’épisode 3 où les choses se précisent et Rachel Keller impose sa beauté absolument captivante (gros craquage) puis la montée fulgurante vers cet épisode 5 de folie qui confirme la meilleure utilisation d’un bad guy depuis des années (gros craquage). Aussi puissant et secret qu’un Dark Vador, il hante la totalité de la série de sa sinistre chape.

Pas beaucoup d’action pour autant. Pas une seule chorégraphie de combat surutilisée non plus, Noah Hawley zappe consciencieusement la baston gratuite pour se concentrer sur les effets et l’ambiance tendue. Hommages au muet, au cinéma de Carpenter, de Fincher, de Gilliam, aux bons côtés de Spielberg, à Milos Forman, à Andrew Niccol, à Cronenberg, à Lynch, à Kubrick, à la comédie musicale aussi, et j’en oublie pas mal. On se fait clairement plaisir.

Difficile d’en dire plus sans trop spoiler mais toujours est-il que même en prenant en compte les défauts clipesques (beaucoup de ralentis esthétiques), le jeu de certains acteurs assez mannequin monolithique tout de même (mais quels visages), le bordel de flashbacks / flashforwards d’abord très envahissant et déstabilisant pour pas grand chose (comme d’habitude) et certains passages un peu en deçà qui retourne trop à la binarité du super-héros, Legion sait se tracer un chemin neuf vers des scènes puissantes, qui utilisent des techniques connues du cinéma de genre pour appuyer un univers singulier qui pullulent d’idées bien digérées, une bonne cohérence dans l’art de ne pas tout montrer trop vite ni trop lentement, le tout appuyé par des acteurs qui savent visiblement ce qu’il sont en train de raconter, ce qui n’est pas rien. Et puis à côté des visages stoïques, il y a Dan Stevens et Aubrey Plaza très souvent déchaînés. Et Jemaine Clement est génial aussi.

Au final, le niveau habituel du super-héros à l’écran est juste pulvérisé en 8 épisodes.

Complètement séparé de la ligne X-Men habituelle, Legion confirme au passage et une nouvelle fois la richesse de l’univers des mutants comparé à la galaxie super-pouvoirs (attaque gratuite, j’ai le droit).

Après Fargo, Noah Hawley enchaîne et confirme sans trembler. C’est un peu du Wachowsky pas lourd ausssi, pour caricaturer, un exploit donc.

 

SC

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