Alien Covenant (2017)

Pipeau en masse

Le pire, c’est que ça commence plutôt pas trop mal avec pas plus d’ambition qu’une bonne revisite du chef d’oeuvre d’origine, avec de belles images façon Prometheus et un début qui ne s’écarte pas trop de son chemin mythique jusqu’à la fameuse première attaque de xénomorphes. Même si déjà, ça sent la faiblesse d’écriture via les blagues ratées.

Sauf que Robin des Bois débarque et c’est terminé. Avec cette volonté persistante de faire de Fassbender le personnage principal, Ridley Scott écrase tout le mythe sur son passage, tentant avec une lourdeur incommensurable de réduire l’origine de toute la saga à une seule personne, piétinant allègrement la profondeur de Ripley et la mystique du monstre. Le scénario part dès lors dans tous les sens sans aucun objectif valable hormis la seule chose qui reste, à l’image de ce chestburster squelettique (*), le robot humanoïde.

Et ce con de robot, pilier philosophique de toute la chose tout de même, à un moment, je te jure, il fait du kung fu Matrix contre lui-même. Et avant ça encore, il joue du pipeau avec lui-même, comme Sandra Bullock qui fait le chien. Et même que pour finir comme on peut, parce que manifestement les 4 scénaristes n’ont pas la même idée en tête si on admet qu’ils en ont une, Ridley Scott, le créateur, se tue lui-même, en posant notamment et comme un gros dégueulasse, un twist baveux qui suinte à 45 minutes de la fin pour en faire son final sans aucune honte.

L’image de la nature est pourtant grandiose, dense et profonde mais l’exposition immédiate et totale des xénomorphes, tout de synthèse vêtus, décapite toute suggestion recrachant deux jumpscares pour seul coup de boost artificiel.

Quel énorme gâchis à la vue de la double contamination initiale plutôt bien huilée, joliment habillée d’une musique pulsative, une scène efficace avant qu’un Fassbender impliqué et bien présent, mais bavard à outrance, vienne cannibaliser le film. Tous les autres acteurs sont secondaires, inutiles et sacrément mal écrits. Point bonus pour Danny Mc Bride même s’il a le même chapeau que One night dans Abyss. Point malus pour Billy Crudup totalement imbuvable. L’écriture des personnages est globalement dégueulasse.

Quel gâchis à la vue de ces panoramiques époustouflants. Un film qui aurait pu être grand même, s’il ne s’échinait pas à ne rien raconter simplement, à passer d’un point de vue à l’autre sans objectif, pire en accumulant les incohérences flagrantes, là où chaque scène devrait suivre l’autre et construire une unique tension et non un patchwork difforme.

Il faut aussi se farcir de nombreuses merveilles de pompage comme par exemple l’attaque dans les hautes herbes de Lost World, le final d’Aliens avec des pelleteuses (!?), la traversée atmosphérique avec la pire météo du monde de… tous les films d’avion, et a des altitudes aussi impossibles que la distance entre Bill Paxton et une tornade dans Twister. Inutile d’insister sur l’histoire des 80kms pas d’accord qui se transforment en 40kms on y va et autres joyeuseries scientifiques et philosophiques.

Il y aura peut-être un bon nouveau film Alien un jour mais pas de si tôt et pas réalisé par Ridley Scott, c’est à peu près la seule chose limpide à la vision de ce nouvel oeuf léthargique.

(*) En station debout, grandissant à vue d’oeil à la taille adulte et précédé de son nouveau modèle de facehugger incubant à la vitesse de l’éclair !

SC

 

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