Demon of the Lute (六指琴魔) 1983

Le mystérieux démon du clan de l’araignée dorée et sa horde se sont emparés d’un luth démoniaque à six cordes et projettent de régner sur les arts martiaux. Le seul moyen pour détruire cette arme absolue est de retrouver l’arc et les trois flèches angéliques. Une mission périlleuse à laquelle une jeune guerrière (Kara Hui), un vaillant jeune forgeron (Chin Siu Ho) et leurs compagnons vont s’atteler.

Les psychos wu xia : quand y en a plus, y en a encore. Yeah !
4-00

Aaaaaah, voilà, là on peut se lâcher. Là c’est du pur psycho wu xia avec un petit quart d’heure pour respirer, 10 minutes de pré final qui ne servent à rien, et tout le reste en non stop total où la bonne humeur et le délire sont les seuls maîtres. Pas de prise de tête sur l’histoire monstrueusement classique qui ne possède qu’un petit twist en tout et pour tout que tout le monde aura très vite deviné. Il est juste question de récupérer deux armes sacrées, un arc et une flèche, afin de réduire à néant le démon qui s’est emparé de la 3ème arme, le luth surpuissante qui terrasse tout adversaire dès la première note lâchée. Le spectateur feignasse n’a plus qu’à admirer le défilé de tronches (cf le cast) et de techniques pas possibles qui se succèdent à une vitesse tout aussi élevée, voir plus, que les plus grandes références que sont Buddha’s Palm et Holy flame.

Le speed est bien là et les trois premiers quart d’heure sont un pur régal pour l’amateur de bisserie. Inutile de trop s’attarder, c’est du typique : ça vole, ça tourne, ça explose, ça rigole à plein gosier, ça potache, ça rock même, à grandes envolées de guitare électrique pour ajouter à l’entrain. Les méchants sont connus pour tout familier des « bestiaires » fantastiques Chinois mais encore et toujours bougrement sous acides, efficaces et très nombreux : l’homme aigle, le démon de la corne, l’androgyne, le démon aux long bras et aux masses d’arme, et surtout, surtout, Lee Hoi San et son char d’assaut tiré par des chiens, sa hache de 2 mètres de large, et son crâne rasé culte qui se pare bientôt d’une petite touffe rose fluo qui grossit, grossit, jusqu’à lui allouer un énorme pétard chevelu rose bonbon qui mérite à lui seul de figurer sur la couv du dvd.

Ça ne sert strictement à rien mais bon..

Côté gentils, on ne lésine pas non plus, Chin Siu Ho impeccable en forgeron héroïque aux racines inconnues, Kara Hui toujours aussi craquante et fraîche comme les blés, Yuen Tak en vieux pinté aux cheveux blancs qui est en fait le plus jeune, le gros barbu, le nain difforme, et pour finir le duo de voleurs, Kuo Chui et ses trois bras et son kid de service, tous ont la patate nécessaire pour nous entraîner gaiement dans leurs aventures. Le petit gamin ne paye pas de mine mais a plus d’une poupée explosive dans son sac. Il ne joue pas vraiment bien non plus mais possède une jolie trogne à croquer (avec ses trois dents de devant à peine poussées), une belle énergie et surtout est doublé par une excellente voix motivée bien fendarde.

Bref, que dire de plus, c’est la Shaw Brothers en pleine décadence, le moment où les réalisateurs n’étaient plus autant chapeautés par Run Run Shaw, lui-même plus concentré sur la télévision, et s’en donnaient à coeur joie, du pur wu xia fantastique en roue libre qui met quelques baffes aux références 90s de par son imparable fraîcheur et prouve encore une fois que Zu de Hark n’était certainement pas un cas unique si précurseur que ça. Ce Démon of the lute est un pur plaisir coupable. Dommage, que le pré 1/4 d’heure final s’attarde pour rien et que ce même final manque d’originalité pour qui connaît les combines du genre wu xia psycho câblé façon Shaw Brothers. Les combats exécutés par de solides artistes martiaux manquent un brin de ce qui faisait le meilleur de Holy Flame, de grandes chorés bisso aériennes. Mais le niveau reste tout de même de premier ordre, à mon avis bien plus frappé et jouissif que les essais en la matière de Chu Yuan. Respect au maître, mais jamais il n’aurait osé péter les plombs aussi haut que dans un film tel Demon of the lute…. Aaaah, c’est bon quand même, malgré le néant scénaristique, la tonne de défauts et le penchant indéniablement commercial et enfantin de l’affaire. Et ce sacré Lee Hoi Sang est encore une fois gigantesque. Le plus drôle reste que Demon of the lute est réalisé par un parfait inconnu ! (Ou presque, on lui doit tout de même les chorégraphies de « Buddha’s palm », ceci explique cela, et « The Sword » sous la houlette de Ching Siu Tung, tout de même.)

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/demonofthelute/critiques.html

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