Ninja Hunter (忍者大決鬥) 1984


Lorsque Born Invincible rencontre Ninja Final Duel
3-50
1984, pleine vague de films de ninjas déjantés, les américains ont découvert ce genre asiatique des profondeurs et emboîteront gaiement le pas en sortant une tonne de nanars ninjas. Mais jamais ils n’arriveront à la cheville des maîtres absolus du kung fu bis option ninja, les taïwanais. Ces gars là connaissent le filon, ils l’ont eux-même porté vers ses sommets les plus invraisemblables. Wu Kuo Jen aka Ng Gwok Yan est un de ces quelques réalisateurs qui longe le maître en la matière, Robert Tai. Il utilise d’ailleurs son disciple, Alexander Lou, qui enchaînera tous ses titres ninja. Après un The Super Ninja juste sympa pour le bisseux mais dispensable, Wu Kuo Jen revient à la charge avec trois films, ce Wu tang vs Ninja tout d’abord, puis Ninja in the usa et Ninja Condors, toujours avec Alexander « bullfighter » Lou, parfait élève revanchard qui aime montrer son corps sculptural à grands renforts de zooms. Petit changement, il appartient cette fois au clan wu tang. Il est accompagné de Mike Wong tout comme dans l’excellent guards of shaolin.

Côté méchants, on mélange gaiement. En charge de massacrer les maîtres Wu Tang avant de laisser tranquillement les élèves s’entraîner comme il faut pour dispenser leur tannée finale, le clan ninja et son trio (blanc, or et noir) de trognes taïwanaises est mené par le légendaire « Abbot white » Pai Mei, joué cette fois-ci par Jack Lung Sai Ga le grand maître de Seven grandmasters. Encore plus hystérique et grimaçant que Carter Wong dans Born Invincible ou Lo Lieh dans Executioners…, Jack se déchaîne dans un concours de faciès et de rires sarcastiques impayables. Mais il n’a pas suivi un entraînement de jeunesse impitoyable pour renforcer son corps et devenir invulnérable (la technique principale de Pai Mei), ici on fait dans la grosse fantaisie, Jack absorbe l’énergie de vierges qu’il capture, démonstration saisissante à l’appui, et son corps devient dur comme du béton. Il peut dés lors ricaner lorsqu’on tente de le transpercer avec des lances ou une hache, un très bon passage de démonstration de force tout en « reverse » et en accéléré pour accentuer la percussion des armes sur les points vitaux.

Malheureusement, un peu comme dans « The Super Ninja » à moindre mesure, Wu Kuo Jen n’a pas l’audace et la nonchalance de Robert Tai pour se plonger dans le foutraque jusqu’au cou. Il tente de garder un petit côté traditionnel à son récit, qui reprend au passage toute la trame de Born Invincible, mais il n’a pas non plus les qualités purement old school indépendant d’un Joseph Kuo. Résultat, il se retrouve entre deux courants pour rester poli, le traditionnel pour l’histoire archi-revue, et les combats Ninjas les plus virevoltants et accélérés possible.

Parlons en de l’accélération. Vu qu’il n’a pas autant de culot et d’idées folles que Tai, Kuo Jen pousse encore plus loin l’accélération pour donner plus de frite à l’ensemble. Mais, trop c’est trop ! Même pour un fan acharné du kung fu boosté, pas mal de passages font beaucoup trop « Benny Hill » et ne laisse même plus le loisir d’apprécier les athlètes à l’œuvre. Ils sont chauds ces athlètes pourtant, Alexander Lou, Jack Lung, Mark Lung, Mike Wong, William Yen, offrent tous de beaux combats mais la vitesse est inutilement trop élevée.
Les personnages sont eux aussi un brin trop classiques pour ce genre de production. Même les ninjas n’ont aucune technique particulière, que ce soit les sbires ou le trio de tête, pourtant chacun vêtu à leur manière. Il reste heureusement Jack Lung pour dynamiter son personnage de Pai Mei avec son beau postiche blanc et ses sourcils interminables, ses mains qui crachent le sang, ses attouchements maléfiques et ses regards de grand psychotique, et le duo Alexander Lou, Mike Wong a évidemment la classe !

Wu Tang vs Ninja est sans conteste très rythmé, voir frénétique, hors mis son milieu de métrage qui s’endort sur une histoire insignifiante. Il offre deux scènes érotiques (largement censurées comme d’habitude) comme en raffole Wu Kuo Jen, avec une musique d’ascenseur et de gros rustres qui caressent des fleurs fragiles avec autant de grâce que je râpe mon gruyère. Il offre aussi les traditionnelles scènes d’entraînement gonflées à la testostérone dont les pompes et autres tirages de corde avec deux doigts. Il offre même un combat démentiel contre un zombi recouvert d’acide qu’il ne faut surtout pas toucher. Il offre enfin des ninjas en action, de beaux combats techniques et un montage à réserver aux adeptes : vols planés de mannequins en mousse, télé transports câblés par dizaine, geysers de sang pressurisés, décapitations Z, escalade à la Spiderman, disparitions dans un « pouf ! » magique, tyrolienne et autres tricks ninjas de base. Oui, il offre sans retenu, il donne à manger à l’oeil psyché et aux fans d’arts martiaux mais il ne va jamais totalement au fond de la fange tout de même, là où l’amoureux voudrait qu’il se noie définitivement. La balance Bis / old school est tout un art qu’il est ardu de porter à son sommet. Kuo Jen signe ici son meilleur essai, un très bel essai, mais montre déjà les limites de sa folie.

Néanmoins, sans être trop pointilleux, Wu tang vs ninja propose une ambiance très bis bien goûtue, avec un bon wagon de scènes complètement délirantes.

ninjahunter

http://www.cinemasie.com/fr/fiche/oeuvre/ninjaexterminators/critiques.html

ninjahunter

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